Pourquoi les autorités judiciaires devraient interpeler Paul Atanga Nji et Dieudonné Yebga ?

Opinion
Pourquoi les autorités judiciaires devraient interpeler Paul Atanga Nji et Dieudonné Yebga ?
Le ministre camerounais de l'Administration territoriale (Minat), et Dieudonné Yebga devraient tous faire l'objet d'une interpellation par les autorités judiciaires. Ceci, dans le cadre d'une enquête qui mérite d'être ouverte au sujet du piratage du site internet du Ministère de l'Administration territoriale.
En effet , dans un support audio en circulation sur la toile depuis peu, Dieudonné Yebga affirme avoir piraté le site internet du Minat. Cette manœuvre est découverte au lendemain du dépôt de sa candidature à Élections Cameroon (ELECAM ) en date du 21 juillet dernier.
Le piratage du site internet du Minat a consisté en la modification des informations relatives à l'organigramme du bureau du parti politique Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Ce parti, pourtant dirigé jusque-là par Anicet Ekane, avait préalablement accordé son investiture à Maurice Kamto. Ceci, afin de permettre à l'ancien président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), de remplir les conditions d'éligibilité prévues à l'article 121 du code électoral, pour l'élection présidentielle prévue le 12 octobre prochain.
Seulement, grande est la surprise des visiteurs du site du Ministère de l'Administration territoriale, suite au constat des changements subites opérés au lendemain du 21 juillet dernier... Les usagers ne manquent pas d'exprimer leur étonnement. Bouleversés, ils s'insurgent. Les réactions fusent de toute part.
De son côté, le ministre de l'Administration territoriale va demeurer silencieux, jusqu'à ce qu'une vidéo, en provenance de la diaspora soit publiée sur les réseaux sociaux. Ce contenu vidéo indique le procédé à observer pour retrouver les informations initiales, contenues dans le site internet du Minat, avant le piratage.
Ces informations initiales présentent Anicet Ekane comme étant le président du Manidem. Ce n'est qu'après la publication de cette vidéo devenue virale, et la clôture de la recevabilité des dossiers de candidature à Elecam, que le ministre de l'Administration territoriale va, dans un communiqué, dénoncer un "sabotage du système informatique" de son département ministériel...
Paul Atanga Nji annonce par la même occasion, l'ouverture d'une enquête, à l'effet d'identité les potentiels auteurs, afin que ces derniers puissent répondre de leurs actes...
Cette sortie du ministre de l'Administration territoriale ne l'exonère pas de poursuites judiciaires. En qualité de tutelle des partis politiques, Paul Atanga Nji devrait être attrait par devant le Tribunal de première instance de Yaoundé Centre -administratif pour répondre des faits présumés de faux et usage de faux, en complicité avec Dieudonné Yebga. Ces faits sont prévus et réprimés par les disposititions de l'article 205 de la loi du 12 juillet 2016, portant Code pénal.
Dans le même registre, l'article 70 de la loi du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité au Cameroun dispose :«Est puni d'un emprisonnement de deux (02) à cinq (05) ans et d'une amende de 1 000 000 (un million) à 25 000 000 (vingt cinq millions) Fcfa, celui qui introduit sans droit, des données dans un système d'information ou dans un réseau de communication électronique en vue de supprimer ou de modifier les données qui en sont contenues.»
A titre de rappel, la modification des données contenues dans le site internet du Ministère de l'Administration territoriale, a rendu possible aux yeux d'Elecam, l'investiture de Dieudonné Yebga sous la bannière du Manidem. Ceci au préjudice de Maurice Kamto qui bien avant, avait déjà bénéficié de l'investiture d'Anicet Ekane, pour le compte du Manidem. C'est ainsi que le Conseil électoral a rejeté hier 26 juillet, le dossier de candidature de Maurice Kamto, en raison de la pluralité factise de l'investiture occasionnée par sieur Yebga, dont l'aveu est contenue dans un audio devenu viral sur la toile.
Par Florentin Ndatewouo, journaliste spécialiste des questions juridicojudiciaires
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